#29 – Nino & Popo autour 2 l’Atlantique #2

#29 – Nino & Popo autour 2 l’Atlantique #2

mars 6, 2020 Uncategorized 0

On ne va pas attaquer cette lettre de nouvelles en tournant autour du pot : on pensait faire quelques jours de visite en Martinique, puis simplement et rapidement trouver un bateau pour rejoindre le continent… Et bah non ! on aura joliment squaté l’île plus d’un mois avant de trouver un moyen de bouger ! Martinique…. Chaleur, plages paradisiaques, cocotiers, tortues, cocktails, bouffe antillaises… Et bah non, toujours pas ! C’est pas l’expérience qu’on en retient mais avec le recul, c’était tellement mieux. Des paysages splendides c’est certain, mais par dessus tout, des rencontres extra ordinaires !

voile_actee_crepes

Commençons par le commencement : ici, les journées sont courtes, toute l’année le soleil se couche vers 18h. A cette période de l’année, la météo est plutôt chouette : un grand et beau soleil, qu’il faut éviter sur les heures trop chaudes, un ciel dégagé et des nuits à point pour avoir ni chaud ni froid dans le hammac. A ça s’ajoutent des pluies tropicales qui arrivent sans prévenir, autant vous dire qu’on a pas été déçu du voyage : avant de concocter un campement résistant, on s’est pris quelques centimètres d’eau et de tempêtes dans la tronche (Nino pourrait dormir sous des trombes alors que Pauline pète les plombs toute seule).

voile_actee_hamac

La faune est plutôt sympa, belle et peu dangereuse mis à par… Le moustique ! Malgré la période épidémique quand on y était, on a pas chopé la dengue yahouuu. Et on a pu observer des tas de beaux poissons et tortues, un vrai plaisir !
Quand à la flore, elle est riche en couleurs ! Et si on met les fruits dans la catégorie, elle est aussi treeeees riche en somptueux arômes (l’avocat et la banane sont devenus quotidien). D’ailleurs on s’est bien régalés à faire les marché avec les mama qui lancent des « mon chewi » entre une goyave et une papaye !

On a pu profiter de deux jolies spots d’escalades, vers le Morne Champagne (un rocher coloré surplombant un espace de plongée aux fonds généreux, plutôt luxueux !) et au François. Jolis pour le paysage offert plus que la qualité des voies (on est bien lotis en métropole quand même !).
On s’est aussi fait de chouettes rando, face au Diamant et la fameuse Montagne Pelée (là haut des rafales astronomiques waouh !), et un super séjour surf sur la Côte Est avec une grosse bande de potes internationaux !

Et pour finir, deux bonnes semaines en camp sauvage au Marin (le gros port de l’île). Un espace monté par toute une bande d’une quinzaine de bateau stoppeurs, des hamacs dans tous les sens et des repas d’une abondance folle (entièrement faite de recup’ des poubelles du port… On ne voit pas tous le côté ecolo’ dans le monde la voile!), des rencontres magnifiques et une petite leçon de vie sur la vie (discussion open pour les intéressé.e.s :p).

Bon, cette vie en collectivité d’abondance et de squat était top, mais on était quand même bien impatients de rejoindre l’Amérique ! Alors après deux semaines à chanter sur les pontons (on sortira nos tubes, des remix de Chan Chan, Me llaman calle, et Santiano, splendides !) on a craqué : on se casse en kayak !

Partons pour le projet Ta’Kayak’Oster !

Après une journée à créer une page internet, envoyer des mails pour trouver du matos et savoir où le laisser, rencontrer un type qui a déjà fait des traversées en Caraibes…. Et bien figures toi qu’après toute cette détermination, et sans chercjer un poil, on a trouvé…. Un bateau ! Un super voilier qui partait le lendemain matin pour les Grenadines ! Alors hop, on a lâché l’idée kayak puis on a embarqué avec joie et empressement sans trop savoir ce qui nous attendrait !

Une matinée pour dire au revoir à tout le monde (on commençait à avoir une belle bande de potes), et nous voilà embarqués sur un monocoque Oceanis de 15m flambant neuf, direction Bequia !

Une nuit de nav’, langoustes à l’arrivée, et la routine reprend : on rame maintenant en paddle entre les voiliers au mouillage pour trouver notre futur(e) capitaine! Nous lançons même un message global à la VHF avec l’annonce météo du matin. Nous tombons finalement nez à nez avec Philippe et Nora, des connaissances du Marin avec qui on avait bien sympathisé. Et hop, ils nous embarquent direction Cariacou ! Pour le coup, on a vraiment navigué et manœuvré : petit voilier de 12m, 15 à 25 noeuds de vent, pêche, la bonne ambiance ! Super moment passé à bord, bon feeling, on sent qu’on navigue avec des copains.

Arrivés à Cariacou, nous passons à la douane pour les papiers d’entrée. « Quand repartez-vous ? » – « on ne sait pas » – « comment ça ??? » – « nous faisons du bateau stop » – « nous ne voulons pas de hippies français qui squattent les plages, soit vous nous présentez un billet d’avion, soit vous repartez avec votre capitaine. »
La sentence est dite ! S’en suit une soirée / nuit de réflexion : retourner en Martinique où nous pétions un câble ? Rester quelques mois entre les îles ? Renier nos principes et prendre l’avion ? Plaisir ou valeurs ? Persévérance ou lâcher prise ? Difficile… Le soleil se lève avec une décision : nous volerons pour la Colombie.